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Sarkozy défend sa politique d'immigration «choisie»
Jeudi 27 Avril 2006 (J-360)
La politique d'immigration «choisie» constitue «un rempart contre le racisme», répond Nicolas Sarkozy aux critiques des Eglises contre son projet de loi sur l'immigration, dans un entretien publié jeudi dans «Le Monde».
«L'immigration choisie est pratiquée par la quasi-totalité des démocraties dans le monde. Et dans ces pays, le racisme et l'extrême droite sont moins forts que chez nous. Bref, elle est un rempart contre le racisme. Cela devrait nous faire réfléchir», déclare le ministre de l'Intérieur.
Les autorités catholiques, protestantes et orthodoxes de France ont écrit mardi au Premier ministre Dominique de Villepin pour faire part des «réelles inquiétudes» que suscite chez elles le projet de loi sur l'immigration, que M. Sarkozy présentera mardi prochain à l'Assemblée nationale. Ce texte ambitionne de faire passer la France vers un système d'immigration choisie, à travers des objectifs quantifiés.
Mgr Jean-Pierre Ricard, le pasteur Jean-Arnold de Clermont et le métropolite Emmanuel, présidents respectivement de la Conférence des évêques de France (CEF), de la Fédération protestante de France et de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, regrettent que le projet de loi restreigne les possibilités de régularisation des sans-papiers.
Dans «Le Monde», Nicolas Sarkozy «souhaite un débat serein, éloigné des thèses de l'extrême droite, qui assimile tout étranger à un délinquant, et de celles de l'extrême gauche pour laquelle parler d'immigration équivaut à de la xénophobie».
«Dans mon esprit, il ne s'agit pas d'accueillir les seules élites de ces pays. Il ne s'agit pas non plus de mettre un terme à l'immigration en provenance d'Afrique, mais de déterminer des objectifs quantifiés, définis chaque année par le Parlement et le gouvernement», explique le ministre de l'Intérieur, pour qui «la France doit pouvoir faire le choix des immigrés qu'elle accueille en fonction de ses besoins et de ses possibilités».
Nicolas Sarkozy durcit le ton sur le thème de l'immigration
Lundi 24 Avril 2006 (J-363)
Nicolas Sarkozy met la barre à droite toute. Après la crise du CPE et alors que la socialiste Ségolène Royal le devance dans les sondages, le président de l'UMP durcit le ton sur le thème de l'immigration pour mieux conquérir un électorat tenté par Philippe de Villiers ou Jean-Marie Le Pen.
«Nous en avons plus qu'assez de devoir en permanence avoir le sentiment de s'excuser d'être Français. D'ailleurs, si certains se sentent gênés d'être en France (...), qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas», a lancé M. Sarkozy samedi devant les nouveaux militants UMP réunis salle Gaveau.
Le ministre de l'Intérieur reprenait ainsi, quasiment mot pour mot, un slogan du président du Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers -»la France tu l'aimes ou tu la quittes»-, lui-même emprunté au Front national. «La villiérisation des esprits est en marche», s'est d'ailleurs réjoui M. De Villiers.
«Il nous refait, comme le Chirac de 86, le coup de l'immigration et de la xénophobie», s'est indigné lundi le député socialiste Claude Bartolone. «On savait que Sarkozy rimait avec démagogie, voilà maintenant que cela rime avec xénophobie», a-t-il lancé. C'est «une solution toujours classique à droite lorsqu'on connaît un échec comme ils le connaissent actuellement au niveau du social», avec le contrat première embauche.
Pour le porte-parole du PS Julien Dray, Nicolas Sarkozy «est un héritier direct de Charles Pasqua» qui, «dans les années 80 quand la droite était en difficulté (...), inévitablement désignait l'immigré».
Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault a jugé «très grave (qu'on soit) entré dans une sorte de surenchère à droite et à l'extrême droite». Il faisait également allusion à l'ouvrage de Philippe de Villiers à paraître cette semaine (»Les Mosquées de Roissy», Ed. Albin Michel), dans lequel il dénonce la présence d'organisations islamistes sur la plateforme aéroportuaire de Roissy. «L'Islam n'est pas compatible avec la République», a lâché le président du MPF dimanche.
Le très chiraquien président (UMP) de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré s'est lui-même démarqué dimanche de Nicolas Sarkozy en lui reprochant de «courir après un électorat: le plus extrémiste».
Le ministre de l'Intérieur «dit ce qu'il pense avec des mots justes, des mots vrais, des mots compris et exprimés par tous les Français», a rétorqué lundi sur LCI le ministre sarkozyste Christian Estrosi. «Les Français (...) sont exaspérés de voir qu'on vient dans notre pays en ne respectant pas nos règles (...) Il faut dire à ceux-là: 'si vous ne vous plaisez pas dans notre pays, vous n'avez aucune raison de vous accrocher à ce tout que peut vous offrir ou proposer notre pays en terme d'accueil, de dignité, de respect»'.
Cette polémique intervient alors que le ministre d'Etat doit défendre à partir du 2 mai à l'Assemblée nationale son projet de loi sur l'immigration.
Lors de la campagne de 2002, le candidat Jacques Chirac avait mis en avant le thème de l'insécurité, au grand embarras du Parti socialiste, mal à l'aise sur ce terrain. A un an de la présidentielle, l'UMP, mise en porte-à-faux sur le terrain social avec le CPE, semble tentée de reprendre cette stratégie. «Aujourd'hui, les problèmes des Français, c'est bien entendu la question du chômage, mais aussi la question de l'insécurité et la question de l'immigration», a ainsi expliqué lundi le porte-parole de l'UMP Luc Chatel.
Reste à savoir à qui, de MM. Sarkozy, De Villiers ou Le Pen, bénéficiera vraiment la droitisation du discours. Invité surprise du second tour en 2002, le président du Front national prononcera lundi prochain son traditionnel discours du 1er mai. En déplacement dans le Pas-de-Calais dimanche, Jean-Marie Le Pen se disait en tout cas «pas inquiet» de la concurrence: «C'est moi qui leur prends des électeurs, pas eux: vous allez vous en apercevoir bientôt».
Nicolas Sarkozy courtise les électeurs du FN et du PCF
Samedi 22 Avril 2006 (J-365)

Quatre ans après le 21 avril 2002 et la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le deuxième tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention d'aller chercher "un par un" les électeurs du Front national et de la "gauche populaire", Parti communiste en tête.
Devant près de 2.000 nouveaux adhérents de l'UMP réunis à Paris, le ministre de l'Intérieur s'est posé en "homme de droite, de la droite républicaine", mais "pas un conservateur".
A un an presque jour pour jour du premier tour de la prochaine présidentielle, celui qui ne fait plus mystère de son intention de briguer la succession de Jacques Chirac a appelé à un rassemblement qui irait dépasserait "le seul critère de la gauche et de la droite".
Tablant sur une année 2006 "passionnante", le président de l'UMP a promis qu'il ne "fuirait pas le débat" sur l'immigration, évoquant notamment un durcissement des conditions du regroupement familial.
"Il y a encore quelques années, prononcer le mot et déjà vous étiez un raciste", s'est-il indigné. "Je n'accepte pas cette pensée unique qui empêche de parler des problèmes (...) Ne pas avoir le courage de parler, c'est faire le lit des extrêmes".
Fraîchement revenu de Guyane française, où il a assisté aux obsèques d'un gendarme, Nicolas Sarkozy a de nouveau décliné les grandes lignes du projet de loi qu'il doit défendre à l'Assemblée nationale à partir du 2 mai et dont l'objectif est de promouvoir une "immigration choisie".
LA FRANCE, AIMEZ-LA OU QUITTEZ-LA
"Au nom de quoi les Etats-Unis, l'Australie, le Canada, l'Angleterre, l'Allemagne et tant d'autres choisiraient les meilleurs étudiants, les meilleurs travailleurs et nous nous n'aurions le droit de choisir personne pour subir tout le monde. Cette politique, ce n'est pas la mienne", a martelé le président de l'UMP.
L'immigration zéro ne correspond, à ses yeux, ni à la réalité, ni à l'histoire de la France mais une fois installés, les immigrés doivent suivre les règles du jeu, a-t-il prévenu.
"S'il y en a que cela gêne d'être en France, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas (...) On ne peut pas demander à un pays de changer complètement ses lois, ses habitudes, ses coutumes tout simplement parce qu'elles ne plaisent pas à une infime minorité", a-t-il souligné.
Chef d'un "mouvement politique qui dit ce qu'il est et ce qu'il veut", Nicolas Sarkozy dit "comme il le pense qu'on en a plus qu'assez de devoir en permanence avoir le sentiment d'être obligé de s'excuser d'être Français".
Avant 2007, Nicolas Sarkozy veut s'atteler à la création d'une majorité la plus large possible, dans laquelle entrent "naturellement" les électeurs du Front national.
"Pourquoi devrais-je considérer que je ne devrais parler qu'à une partie des électeurs (...) On devrait plutôt se réjouir qu'un dirigeant d'une formation politique républicaine aille les chercher un par un pour les convaincre que Le Pen, c'est une impasse", a-t-il insisté.
Pour Nicolas Sarkozy, ceux qui ont voté Front national le 21 avril 2002 "ce n'était pas parce qu'ils pensaient que Le Pen était un espoir, mais parce qu'ils s'imaginaient que nous les avions désespérés".
Les électeurs frontistes, "il nous les faut, mais je veux aussi m'adresser à la gauche populaire, à tous ces gens qui vivent dans les quartiers et qui ont le sentiment d'être abandonnés par la République, à tous ces gens qui ont cru au Parti communiste", a poursuivi le président de l'UMP.
"Je souhaite qu'ils se reconnaissent en nous et qu'ils puissent avoir un espoir en nous", a-t-il ajouté. "Derrière ce mouvement du changement" que représente l'UMP à ses yeux, "un certain nombre d'hommes et de femmes de la gauche peuvent se dire qu'avec nous, ça va changer".
Nicolas Sarkozy critique Ségolène Royal
Samedi 22 Avril 2006 (J-365)

Nicolas Sarkozy s'en est pris à Ségolène Royal, avec qui il partage le haut des sondages en vue de la présidentielle de 2007, laissant entendre que la dirigeante socialiste n'avait pas d'idées.
"Ségolène Royal, elle a trouvé le raisonnement: 'J'ai vos idées', dit-elle! C'est 'Circulez, y'a rien à voir'", a lancé le président de l'UMP lors d'une réunion des nouveaux adhérents, qui ont copieusement hué le nom de la présidente socialiste de la région Poitou-Charentes.
"Je devrais essayer. Je rentre (...) et je dis: 'J'ai vos idées, merci, au revoir'. Ce n'est pas ma conception de la politique", a-t-il ironisé, déclenchant un tonnerre d'applaudissements.
Selon un sondage TNS Sofres publié jeudi, Ségolène Royal l'emporterait d'une courte longueur face à Nicolas Sarkozy si le deuxième tour de la présidentielle avait lieu aujourd'hui.
Au premier tour, elle devance le président de l'UMP avec 34% des intentions de vote contre 30% à Nicolas Sarkozy.
Aux yeux de ce dernier, le déficit d'idées qu'il stigmatise chez Ségolène Royal s'applique à l'ensemble du Parti socialiste.
Le congrès du PS au Mans, en novembre dernier, c'était "trois jours de réunion et deux idées", a-t-il estimé. "C'est un jour de trop".
Au cours de son discours d'une cinquantaine de minutes, le ministre de l'Intérieur n'a cité qu'un seul autre dirigeant socialiste, Lionel Jospin, lorsqu'il a évoqué les régularisations des sans-papiers auxquelles avait procédé la gauche plurielle.
Au nom de la justice sociale, Nicolas Sarkozy a promis des régularisations au "cas par cas et non parce que pendant dix ans on a échappé à la police de l'air et des frontières".
Plus globalement, a-t-il poursuivi, "on a parfois le sentiment que le Parti socialiste est mobilisé autour d'une seule et même idée, que tous vous arriviez en retard plutôt que quelques uns arrivent à l'heure".
"Nous à l'UMP nous ne voulons pas de l'assistanat, pas de l'égalitarisme, pas de nivellement. Nous croyons au travail, à la promotion, au mérite et à la récompense". |