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La gauche à la recherche de difficiles convergences
Jeudi 27 Avril 2006 (J-360)

Sur la lancée de sa victoire contre le CPE, la gauche française s'est réunie lors d'un forum à Paris pour débattre de l'emploi, de la précarité et de convergences possibles à un an de la présidentielle.
Sur la tribune du gymnase Japy, où s'étaient réunis plus d'un millier de sympathisants, les chefs de dix partis de gauche - PS, PCF, Verts et radicaux de gauche, notamment - ont confronté leurs idées en vue des échéances de 2007.
De nombreuses questions posées par la salle ont révélé l'inquiétude des militants sur leur capacité à trouver un terrain d'entente alors que les tensions se ravivent socialistes et écologistes, notamment.
"Arrêtez cette lutte de pouvoir, arrêtez de vous tirer dans les pattes", a ainsi lancé un jeune engagé dans le mouvement anti-CPE.
"Il faut que vous vous mettiez d'accord pour que l'on ait envie de voter pour vous. Nous n'avons plus que six mois", a renchéri un autre participant, soulignant qu'en 2002, une partie de l'électorat de gauche avait boudé les urnes, provoquant l'élimination du candidat PS, Lionel Jospin.
La première dirigeante à répondre, Marie-George Buffet, a réaffirmé qu'il n'était pas question pour les communistes de "s'unir sur n'importe quoi, mais sur un projet antilibéral".
"Oui il faut s'unir, oui il faut se rassembler parce qu'il faut battre la droite. Mais il faut réussir la gauche aujourd'hui", a lancé la secrétaire nationale du PCF sous les applaudissements.
Hors tribune, le responsable Vert Yves Contassot a également justifié le refus des écologistes d'entrer à bref délai dans des accords programmatiques avec le Parti socialiste, accusé de céder à nouveau à sa tentation hégémonique.
RENCONTRE A QUATRE ?
"Ce que j'espère, c'est qu'on va enfin sortir des questions de personnes et lancer une vraie dynamique sur ce que les Français attendent de différent de la politique des Sarkozy, Chirac et Villepin", a-t-il dit.
Pour l'élu de Paris, le PS n'a pas "ouvert les yeux" sur le mouvement contre le contrat première embauche. "Il n'a pas complètement changé, il est temps qu'il mûrisse", a-t-il dit.
"Sans un accord de gouvernement, il n'y aura pas de victoire possible en 2007, il faut que chacun prenne ses responsabilités", a répliqué le socialiste Henri Emmanuelli.
Dominique Voynet, possible candidate des Verts à la présidentielle, ayant reproché au PS son arrogance, Henri Emmanuelli a répondu :"Qui dit ça ? Une sénatrice ? En tout cas, ce n'était pas l'intention des socialistes".
Jean-Michel Baylet, le président des radicaux de gauche, a relancé pour sa part sa proposition d'organiser des primaires à gauche, une idée qui n'a pas rencontré beaucoup d'écho dans la salle.
En marge du meeting, où ne figurait pas la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), la question du rassemblement antilibéral, et pourquoi pas derrière un candidat unique, restait patente.
Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, a ravivé un projet que l'on croyait mort-né en proposant une candidature unitaire à choisir entre Marie-George Buffet, l'altermondialiste José Bové, Arlette Laguiller, de Lutte ouvrière, et lui-même.
Dans une tribune publiée par Le Monde, Besancenot a même proposé une rencontre "à quatre" autour d'une table de restaurant pour sortir de l'impasse.
"Merci pour l'invitation à dîner mais il faut qu'on ait un grand débat sur un projet alternatif et pas à quatre dans une salle de restaurant", lui a répondu ironiquement Marie-George Buffet. "C'est très sympa, mais le 29 mai, on a pas gagné à quatre".
Présents dans la salle, de nombreux partisans du "non" au référendum du 29 mai dernier ont invité les chefs de la gauche à tirer les leçons du rejet de la constitution européenne.
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